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Eglise Saint-Laurent

 

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Un mois : c’est le temps qu’il faudra pour déployer sur le portail et le clocher de l’église Saint-Laurent pas moins de 1 000m2 d’échafaudage nécessaires à la première phase de la réhabilitation de l’église Saint-Laurent. Le dossier vient de passer au terrain après de longues procédures administratives et la souscription publique lancée aux côtés de la Fondation du Patrimoine (que les donateurs soient ici remerciés). La restauration, étudiée par un architecte agréé par le ministère de la Culture au titre des monuments historiques, sera réalisée sous le contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France.

Cette première tranche portera sur la consolidation du clocher, dont l’un des piliers est fortement fragilisé, ainsi que sur la façade, dont le contre-fruit nécessitera la mise en place d’un chainage. Elle comprend également divers travaux de maçonnerie et de couverture. Echelonnées dans le temps, les trois interventions à venir seront consacrées à la sacristie et au bas-côté nord, au bas-côté sud et enfin à l’intérieur de l’église. De lourds travaux, de l’ordre de 2 millions d’euros, qui s’avèrent nécessaires pour assurer la pérennité de cet édifice remarquable et transmettre ce témoignage du génie architectural de la Renaissance aux générations futures.
 

 logoDu haut de ce clocher, dix siècles d’histoire nous contemplent

Inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1927, l’église St Laurent, a été mise à rude épreuve par le temps. Elle n’en reste pas moins un véritable petit trésor du patrimoine local. Son parc attire aussi bien les élèves du lycée voisin que

les petites dames du quartier et leurs compagnons à quatre pattes. Mais qui sait encore, à Nogent-le-Rotrou, que ce lieu fut longtemps l’un des principaux cimetières de la ville, déplacé au début du XXe siècle ? Et que dès le XIe siècle existait là une petite chapelle, dédiée à Sainte Marie-Madeleine. Modeste édifi ce sur les bases duquel a peu à peu pris forme l’église Saint-Laurent. La chapelle se trouvait à droite du choeur actuel, à l’emplacement de la mise au tombeau, sculpture monumentale du XVe siècle, classée à l’inventaire des Monuments Historiques. Là où l’observateur un brin perspicace remarquera sans peine la dissymétrie du mur extérieur du bas-côté par rapport à son opposé - petite incartade des bâtisseurs du XVe siècle qui trouvèrent préférable d’élever leurs maçonneries sur les fondations de la chapelle plutôt que d’en envisager de nouvelles.

C’est durant le XIIIe siècle que furent érigées les bases actuelles de l’église. La démolition des murs d’enceinte de l’abbaye permit dès cette époque d’agrandir et d’élever Saint Laurent au titre de paroisse. Elle était alors constituée d’une nef unique, d’une abside et de l’antique chapelle au sud. L’ensemble fut agrandi sur cette même façade au XVe siècle afin d’aménager un premier bas-côté. Le second bas-côté, au nord, ainsi que la sacristie, assirent l’édifi ce dès le XVIe siècle. Le clocher fut érigé à la suite, dans le style gothique, puis couronné au XVIIe siècle dans le style Renaissance. Si bien que Saint-Laurent revêtait déjà alors, au moins extérieurement, l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui : vaguement
gothique, un brin fl amboyant, sobre malgré tout. Ce qui ne l’empêche pas de receler, dans son écrin de blanc calcaire, quelques petits trésors. À commencer par sa statuaire, qui couvre une période allant du XIVe au XVIIe siècle : une dizaine de pièces en bois polychrome, pierre ou marbre, auxquelles s’ajoute l’imposante mise au tombeau attribuée à
l’école de Bourgogne.

Les vitraux, quant à eux, ouvrent un large éventail de styles, d’époques, de couleurs et de facture, s’étalant des XVIe et XVIIe siècle, pour ceux du bas-côté nord, au XXe siècle, pour ceux du bascôté sud. Ceux du choeur sont l’oeuvre de Gérard Lardeur, maître verrier chartrain. Ils datent de 1961, 1948 et 1956.

À l’image de l’ensemble, le mobilier de l’église Saint-Laurent relève de la plus grande sobriété. On remarquera essentiellement la chaire, datant de 1600, de style Renaissance. Elle provient de la collégiale Saint-Jean, ainsi qu’en attestent les larges initiales “S.J.” gravées et dorées en son sommet. Du banc d’oeuvres original ne subsiste plus, aujourd’hui, que l’arrière-plan sur lequel fi gurent cette fois les  initiales “S.L.” signifi ant saint Laurent, dont le martyr est représenté par deux palmes. Les fonds baptismaux, quant à eux, datent du XIXe siècle. Enfi n, un regard s’impose sur l’autel du bas-côté nord où, orné d’une multitude de feuilles d’acanthe, le Christ montre son coeur flamboyant d’amour.

Saint Laurent

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Au fil de nombreux remaniements, l’église Saint-Laurent s’est dotée de multiples curiosités de construction. L’une de ces empreintes s’observe sur les colonnes séparant la nef des bas-côtés : octogonales d’un côté, elles sont cylindriques de l’autre.

Au-dessus de la mise au tombeau, on distingue une petite fenêtre donnant sur l’intérieur du porche de la rue Saint-Denis. Dans le logis situé au-dessus de ce porche, vivait le prévôt du prieuré. Homme de loi, mais non ecclésiastique, il avait cependant souhaité, de son habitation, avoir vue sur l’intérieur de l’église par le biais de cette fenêtre. Aujourd’hui encore, lorsque l’on passe sous le porche, on distingue une ouverture dans la muraille : il s’agit de la boîte aux lettres du prévôt, dans laquelle les plaignants pouvaient déposer leurs réclamations. Une autre curiosité se relève dans le choeur : il porte cinq vitraux sur le mur du fond intérieur et seulement trois à l’extérieur, les uns et les autres reposant sur deux murs différents. Lorsqu’en 1845 on construisit une voûte en brique plâtrière néogothique au-dessus de la nef, le mur d’origine du choeur apparut trop irrégulier pour recevoir les forces exercées par le poids de la voûte. On décida donc de construire un deuxième mur en brique, vers  l’intérieur, distant de 70 à 80 cm de la maçonnerie extérieure.

Eglise saint-LaurentEnfin, sur l’un des deux tableaux en pierre fi gurant la crèche, on observe que l’enfant Jésus a été sculpté à part de l’ensemble : on pouvait le retirer durant l’Avent et le remettre en place à l’occasion de la veillée de Noël.

Bertran Ivars - Le Mag Juin 2009

logo  La Fondation du Patrimoine s’associe à la restauration de Saint-Laurent en mobilisant le mécénat de particuliers et d’entreprises par cette souscription

Sa restauration, étudiée par un architecte agréé par le ministère de Culture au titre des monuments historiques, sous le contrôle de l’architecte des bâtiments de France, est une démarche volontaire du Conseil municipal pour préserver le patrimoine bâti de Nogent-le-Rotrou. Les travaux s’élèvent à 2 millions d’euros. La Municipalité a sollicité les pouvoirs publics (Conseil Général et Ministère de la Culture) et décidé de lancer une souscription avec la Fondation du Patrimoine, qui ouvrira droit à une aide supplémentaire, allégeant ainsi la somme restant à la charge de la commune et des contribuables et rendant possible
cette restauration.

Les travaux se dérouleront en 4 phases : clocher, nef, sacristie et bas-côté nord, bas-côté sud et intérieur de l’église.

La réalisation de ces travaux permettra une valorisation patrimoniale et touristique de l’édifice tout en assurant la continuité du culte.
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Mise à jour le Lundi, 30 Janvier 2012 15:19