« Le cheval amusant : du jouet au jeu » Du 3 mars au 28 mai 2012
Exposition thématique portant sur le cheval abordé au travers des jouets et des jeux qui le représentent.
Les traditionnelles Variations équines de Nogent-Le-Rotrou proposent cette année un thème inédit : Le cheval au travers des jouets et des jeux.
En 2011, c’était l’exposition Sauvat ; en 2010, celle de Marine Oussedik, tandis qu’en 2009 débutaient les Variations non pas autour d’artistes, mais sur un thème historique : Le cheval au travail, pour ce 1er opus.
De l’antiquité aux modèles les plus contemporains
Étonnamment, le thème du cheval dans le jeu et le jouet n’a jamais été exploré en France ; ni sous forme d’exposition, ni sous forme de livre. Le sujet est pourtant d’une richesse inouïe ! Du vase grec représentant un cheval bâton dès 425 av. J.-C. ou des chevaux à tirer coptes du Ve siècle jusqu’aux figurines Papo d’aujourd’hui, le cheval est resté un thème récurrent du monde du jouet.
Les musées tels que le Louvre, les Arts Décoratifs, Carnavalet, les Arts et Métiers, le musée du jouet de Poissy, mais aussi des Beaux-Arts de Tours ou de Châteaudun, ainsi que de nombreux collectionneurs ou marchands spécialisés ont prêté des pièces merveilleuses de beauté et de poésie.
Les chevaux de manège seront présentés, dans un décor forain, au son d’un véritable Limonaire accompagnés de tirages des plus grands photographes humanistes (Doisneau, Kertesz, Izis, etc.). Des toiles originales et des tirages photos des peintures (Brueghel, Monet, etc.) illustreront la représentation du jouet à thème équestre à travers les siècles. Des chevaux à bascule, à roulettes, à tirer, des tricycles-chevaux, un cheval-jupon etc… rappelleront leur enfance même aux plus âgés d’entre nous.
Des jouets mécaniques (Fernand Martin, Joustra, etc.) véritablement extraordinaires, des chevaux de plomb côtoieront des manèges, des cirques ou des fermes miniatures.
Une salle sera réservée aux jeux de hasard : roulettes, jeux de boule, loteries, machines à sous, tiercés divers rappelleront la place prépondérante du cheval dans les casinos et les salons de jeu au XIXe siècle.
Enfin, un espace sera réservé aux jouets modernes : peluches, figurines (Papo®, Breyer®, Playmobil®, etc.), poupées, marionnettes, petits soldats, etc.) et au modélisme équin.
Visite commentée de l’exposition, par Nathalie Fey, commissaire de l’exposition
tous les jeudis à 15 h, sauf les jeudis 5 et 12 avril
dimanche 15 avril à 15 h
dimanche 6 mai à 15 h : visite annulée
dimanche 27 mai de 14 h à 18 h
Un dépliant d’aide à la visite est édité et distribué gratuitement aux visiteurs.
L’exposition se décline en sept thématiques :
Le cheval dans l’espace public
Pour la plupart d’entre nous, le jardin public et la fête foraine sont liés à l’enfance.
Les manèges forains sont dérivés des jeux de bague pratiqués par la noblesse française. C’est pour cette raison qu’ils tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre : la plupart des cavaliers sont droitiers, main avec laquelle ils saisissaient la lance destinée à attraper la bague. Vers 1750, les jeux de bague arrivent dans les foires populaires. On est assis sur un cheval de facture très naïve (comme celui, récemment pommelé, montré dans cette salle).
À la fin du XIXe siècle, la fabrication des chevaux forains passe du stade artisanal au stade semi-industriel. De grands ateliers voient le jour comme Limonaire (auteur de l’orgue de manège présenté et du grand cheval cabré), Bayol (auteur de l’âne) en France, Hübner (auteur du cheval noir suspendu) ou Lengle en Allemagne.
À chaque culture son cheval : les Allemands représentent des chevaux soumis. Les chevaux français sont majoritairement blancs. Les chevaux anglais tournent dans le sens des aiguilles d’une montre (comme le tourniquet des années 1940 présenté ici) et sont montrés dans un mouvement dynamique, témoin d’une équitation basée sur la vitesse et le franchissement des obstacles naturels.
La fête foraine naît au XIXe siècle. Elle devient le lieu de rassemblement de toutes les catégories de la société mélangeant gaiement bourgeois et ouvriers, grands et petits, comme le montre l’huile sur toile de Luigi Loir (prêt du musée Carnavalet). Grâce à elle l’ouvrier accède au luxe des décors bourgeois (admirez ce panneau forain d’Alexandre Devos créé vers 1900). Plus on avance dans le siècle, plus la fête foraine devient populaire comme le montre le changement progressif de costumes sur les photographies de Séeberger, Bovis, Géniaux puis Atget et enfin Izis, Doisneau et Bard.
Le jouet cheval de l’Antiquité à nos jours
L’émouvant vase Chous daté de 425 av. J.-C. témoigne que les enfants grecs jouaient déjà « à dada », ce que confirment des textes postérieurs d’Horace et de Plutarque. Les deux petits chevaux de bois à tirer retrouvés en Égypte dans la tombe d’un enfant inhumé au Ve siècle, attestent sa présence dans cette civilisation. On le retrouve au XIVe siècle, figurant en premier plan sur une Présentation au Temple, œuvre anonyme du Nord de la France, puis chez Bruegel l’ancien qui répertorie dans son célèbre tableau Jeux d’enfants, 84 façons de s’amuser au Moyen Âge. Là encore, un gamin juché sur un cheval bâton occupe le devant de la scène. Le tableau naïf d’un anonyme du XVIIIe siècle nous rappelle que si le cheval est bien présent, il est un objet de luxe, réservé à l’aristocratie. Depuis le XVIIe siècle, le cheval peut être monté sur un système à bascule ou sur roulettes, ce qui permet de l'emmener en promenade. La hauteur de ces chevaux anciens est étonnante mais récurrente.
Au XIXe siècle, le prince impérial (que l’on voit photographié dans sa chambre et dont une gravure, tirée d’un tableau du peintre nogentais Louis Moullin, nous montre l’incroyable réserve de jouets) lance, dans l’Europe entière, la mode du cheval sur lequel on monte, au travers d’une gravure intitulée La première course de l’enfance. En bois recouvert de peau de poulain, à roulettes, à bascule, il entre dans les chambres et les salons des enfants bourgeois. Les adultes jouent aux échecs et au jeu de l’hippodrome, les enfants sont juchés pour la plupart sur des chevaux en carton bouilli fabriqués en Allemagne près de Nuremberg et diffusés en Europe par des grossistes qui les distribuent aux grands marchands de jouets, comme le Nain Bleu à Paris, qui, rapidement, fabriqueront leurs propres modèles. Le fils aîné de Claude Monet, Jean, parade sur son beau tricycle, retrouvé 140 ans plus tard dans les collections du musée des Arts décoratifs, tandis que le tableau, qui n’a jamais quitté Claude Monet de son vivant, trône aujourd’hui au Met de New York.
Le cheval dans le jeu
Support et symbole idéal pour permettre et reproduire les paris des champs de courses, le cheval est une figure récurrente dans les jeux de casino.
Les courses existent depuis l’Antiquité, mais tombent en désuétude en Occident avec la montée du christianisme. Si les rois de France et d'Angleterre se disputent la paternité de la rénovation des courses hippiques au XVIIe siècle, il semble tout de même qu’elle revienne à Louis XIV. Les hippodromes se multiplient aux XVIIIe et XIXe siècles et avec eux les jeux qui y sont liés. Au XIXe siècle, les casinos se propagent dans toute l'Europe : ils ont tous leur « salle des petits chevaux » qui réunit notamment les jeux qui vous sont présentés dans cette exposition : Triomphant, jeu de course à pistes multiples, jeu de la boule. Jost et Caro sont les deux spécialistes qui se partagent le marché. Des photographies d’époque montrent la variété des jeux Jost proposés.
On ne joue pas que dans les casinos : les jeux qui vous sont présentés ont peut-être fréquenté des maisons closes ou tout simplement les salons et fumoirs où ces messieurs du XIXe siècle aimaient à se retrouver.
Certaines pièces ici présentées, notamment le jeu de boule Caro en acajou orné des quinze fixés sous verre peints à la main sur le thème des courses (collection Serge Joliot) sont uniques.
Les jeux de salon comme le polo, le jeu d’obstacles ont été fabriqués à de nombreux exemplaires, principalement par la société JEP, mais sont devenus pour les modèles les moins populaires, d’une extrême rareté (collection Franck Beudaert).
Une vitrine vous montre de drôles de montres à gousset : on pariait en effet partout et ces bijoux (comme le très beau jeu de course miniature en argent massif) permettaient de promener sa passion !
Le cheval à traîner
De tous les animaux montés sur roulettes que l’enfant se plait à tirer derrière ou à pousser à la main, le cheval est le préféré.
On raconte que déjà dans l'Antiquité les enfants romains aimaient jouer avec une réplique du célèbre cheval de Troie décrit dans l'Odyssée d'Homère et dont les flancs recelaient une véritable armée. Pour eux, ce cheval était une véritable Arche de Noé : les animaux y étaient remplacés par quelques sculptures grossières destinées à représenter Ulysse suivi de sa vaillante cohorte.
Plus tard, dans le célèbre manuscrit connu sous le nom de Virgile du Vatican on trouve encore une représentation de ce cheval de Troie qui ressemble à s’y méprendre à un jouet.*
Le cheval à tirer est généralement en bois, ancré sur une planche munie de roulettes. Certains traînent une boîte à musique, d’autres sont actionnés par un mécanisme relié aux roues. Des ressorts, remplaçant le cou du cavalier ou du cheval, les rendent éventuellement mobiles. Petits ou grands (ils ont parfois la taille suffisante pour qu’un jeune enfant monte dessus) ils suivent l’enfant partout, ce qui explique l’état, parfois un peu délabré, des objets présentés. Le jouet à tirer, par son esthétique, marque une époque, mais aussi, au travers de ses manques, traces, yeux manquants, crins ou queue arrachés, raconte une histoire.
Trois des objets présentés dans l’exposition sont œuvres d’art populaire. Roues en métal plié, peinture imitant le bois lithographié des années 1930-1940 sur un cheval tirant une charrette, articulation des membres pour la paire de chevaux crayonnés en contre-plaqué sur un autre attelage, ils ont été façonnés avec soin et amour par un parent désireux d’offrir un beau jouet, mais n’ayant pas les moyens d’en acheter un manufacturé. Dans nos campagnes, les enfants de l’avant et de l’après-guerre ne possèdent pas forcément de jouets, faute de moyens, mais également parce que leur temps de loisir est très réduit : lorsqu’ils rentrent de l’école, ils doivent aider aux travaux de la ferme.
À partir des années 1970, les chevaux à traîner sont majoritairement en plastique car ce matériau permet d’éditer de grandes séries à moindre coût. *source : H.-R. D’Allemagne, Histoire des jouets
Les chevaux à monter
Le premier cheval sur lequel on monte, dès l’Antiquité, est un bâton (ou un roseau) glissé entre les jambes, sur lequel est souvent fixée une tête en bois. Très présent au Moyen Âge, comme le montrent les différentes reproductions présentées, le cheval bâton deviendra, au XVIIe et XVIIIe siècles, l'article le plus vendu par les marchands de jouets. Il ne sera détrôné qu’au XIXe siècle par le cheval à bascule et le cheval tricycle actionné par des pédales en Angleterre et par un guidon manivelle en France.
En bois sculpté, en carton bouilli, à pédales, à roulettes, à bascule, peints, lithographiés, recouverts de peluche, de soieries, de peau de poulains, la variété des chevaux sur lesquels l’enfant peut monter est sidérante. Chacun d’eux est une sculpture à part entière. Et pour cause : depuis leur vogue à partir de 1820, ils ont été l’œuvre d’artisans ou de petites fabriques. Les premiers chevaux en carton bouilli produits à Sonnenberg en Allemagne étaient distribués dans les familles de paysans du secteur pour être peints : chaque pièce était donc unique.
Le XXe siècle réinvente ce jouet séculaire grâce aux nouveaux matériaux et met à profit de nouvelles technologies, jusqu’à la puce électronique qui permet un hennissement très réaliste.
Grâce à une collection privée, l’exposition met particulièrement en valeur les chevaux de marque Mobo : fabriqués en Angleterre en tôle emboutie de 1947 à 1971, dessinés par le sculpteur Georges Morwood, une grande partie de leur gamme est ici présentée. De l’originaire Bronco, fabriqué jusqu’en 1950 - qui avance lorsque l’on appuie sur les étriers -, en passant par Night Rider (sur ressorts), jusqu’au Rocking Horse dédié aux tout-petits, il aura ravi des générations de petits britanniques.
Dans un tout autre registre, comment ne pas s’émouvoir devant ces chevaux de « papis » taillés dans des planches, munis de roues de chariots et peints, de toute évidence, avec l’aide de l’enfant auquel il était destiné ?
Les jouets mécaniques
Avec l’essor de l’horlogerie, les automates deviennent, au XVIIIe siècle, des objets techniques complexes. Ils donnent naissance à des jouets très chers et très perfectionnés, destinés aux princes des grandes cours européennes.
Le jouet à mécanisme devient accessible à la fin du XIXe siècle : avec les chutes de fer blanc des objets de la vie quotidienne, un jeune homme d’Amiens monté à Paris, Fernand Martin, a l’idée de fabriquer des jouets économiques et de leur donner vie grâce à des mécanismes d’horlogerie. Fin commercial, il crée un véritable réseau de distribution via les camelots parcourant la France entière. Il invente et rachète des brevets qui lui valent, à plusieurs reprises, d’être lauréat du concours Lépine. Quelques 800 000 jouets mécaniques Fernand Martin auraient été diffusés entre 1880 et 1914. Un raz-de-marée pour des automates vendus entre 1,45 F et 1,95 F, soit moins de la moitié du prix d’une journée d’ouvrier (5 F).
Six des automates Fernand Martin - sur moins d’une dizaine de modèles produits - sont présentés dans les vitrines centrales aux côtés de jouets mécaniques de deux autres spécialistes de l’époque, le Français Charles Rossignol (CR) et l’Allemand Lehmann. Les jouets Martin sont d’une grande rareté : en effet, on estime à 1 pour 1000 ses automates ayant survécu au siècle. Le fer blanc n’était pas un matériau cher, mais il plie à la moindre pression…
Le moteur des jouets Martin est, au départ, un simple élastique torsadé. Bientôt, le fabricant utilise un ressort spiralé tendu à l’aide d’une clé et qui se déroule lentement grâce à des engrenages actionnant des cames, des vilebrequins, des leviers qui permettent les mouvements spécifiques à chaque jouet. Bien qu’ayant arrêté l’école fort tôt, Fernand Martin est un ingénieur formidable qui va déposer des brevets jusque dans l’industrie automobile.
Les Japonais, ont, les premiers, copié puis créé des jouets similaires, suivis dans les années 1980 par les Chinois qui ont reproduit les modèles, mais les ont fait fonctionner avec des piles : ce sont les « battery toys » également présentés.
Les figurines
La figurine est une statuette de petite taille ou une représentation du cheval à échelle réduite.
Les plus anciennes (en corne ou en os) datent de la préhistoire et sont apparues avec l’art pariétal. Leur rôle était probablement religieux. En tant que jouet, la figurine équestre a longtemps préparé les garçons à l’art de la guerre. Connue des Romains, on la retrouve au Moyen Âge, comme le cavalier datant 1360-1370, présenté dans l’exposition.
Le soldat de plomb sur sa monture est à la fois une figure historique et une miniature permettant de simuler la stratégie militaire. Il est parfois difficile de le différencier des cavaliers du jeu d’échec. Louis XIV enfant en était très friand : à 12 ans, on lui construisit un petit fort en terre où il se livrait à de vrais assauts, avec de la vraie poudre….
Depuis le XIXe siècle, d’autres thèmes ont côtoyé celui des combattants. Ainsi, le monde du cirque ou celui de la ferme suscitent-il encore des représentations aussi variées que poétiques.
Mais la grande révolution de la figurine cheval découle de la féminisation du monde du cheval. Aujourd’hui, 80% des cavaliers sont des cavalières : essentiellement des petites filles (12 ans de moyenne d’âge). Le cheval-poupée et le cheval-nounours connaissent donc un immense succès. Barbie a, bien sûr, son cheval à longue crinière, que l’on peigne, tout comme la poupée My Little Pony…
Les figurines équestres, hier encore guerrières, représentent désormais des chevaux célèbres (comme le cheval de spectacle Templado) ou les multiples races de chevaux qui font rêver les fillettes. Notre cheval emblème, le percheron, est ainsi représenté par plusieurs marques de jouets.
Les figurines les plus grandes sont les plus réalistes, comme les traditionals de Breyer® (échelle 1/9e). Ils font l’objet de collections et se voient personnalisés (repeints, rhabillés) par des artistes spécialisés dans le modélisme équin dont le travail est présenté. Les jouets les plus populaires sont plus petits (échelle 1/12e), comme les Papo®, les Breyer® Classics ou les Schleich® …
Renseignements pratiques
Dossier de presse de l'exposition :
Musée-Château Saint-Jean
Rue du Château
28400 Nogent-le-Rotrou
02 37 52 18 02
Ouvert tous les jours sauf le mardi
de 10h à 12h et de 14h à 18 h
Fermé les 1er/01; 1er/05; 1er/11 et 25/12
Tarifs 2012 :
entrée gratuite le premier dimanche de chaque mois
adultes : 3.20 €
enfants de 7 à 18 ans : 1,60 €
Taifs réduits adulte sur présentation de la carte : étudiant, handicapé, demandeur d'emploi, allocataire des minimas sociaux, famille nombreuse, milatant ATD Quart Monde, Cézam, adhérent de la Fédération des Amis du Perche : 2.20 €
groupes scolaires : 1,20€
groupes adultes : 2.20 €
Carte de fidélité, valable 1 an, sans limite de visites :